Honduras : la police en lutte contre le coup d’État

Avertissement : cet article n’est ni un éditorial ni une analyse des évolutions géostratégiques de la planète, il contient uniquement de l’information. Mais, comme ce type d’information n’est pas disponible dans google infos et pas davantage dans les JT de 20 h., il n’est pas inutile d’en parler.

Hier mardi 5 décembre, la police du Honduras, y compris les commandos « antiterroristes » ‘Cobra’ soupçonnés par le passé de fournir des éléments des ‘escadrons de la mort’, s’est mise en grève et a refusé de réprimer les manifestations contre le truquage des urnes lors des élections de la semaine dernière. M. Salvador Nasralla, candidat à l’élection présidentielle, affirme haut et fort que l’élection a été truquée.

Après une semaine de vérifications des décomptes, le président du tribunal électoral, M. David Matamoros, avait confirmé lundi la victoire du président sortant, M. Juan Orlando Hernandez, lors des élections du 26 novembre, avec un écart de 5% par rapport au score de M. Nasralla.

Dans une déclaration diffusée sur la chaine U.N.E T.V., un représentant des forces de police a déclaré :

“Nous ne voulons pas devenir des violeurs des droits de l’homme. Si nous le faisions, nous en paierions la dette tôt ou tard. Nous payons déjà pour les violations commises par nos supérieurs dans le passé”. La conclusion fait sans doute référence au coup d’Etat soutenu par les Etats-Unis en 2009 contre le président Manuel Zelaya, l’allié de M. Nasralla.

La déclaration affirmait par ailleurs :

“Notre peuple est souverain et nous avons un devoir envers lui, donc nous ne pouvons pas l’affronter en niant ses droits” et elle encourageait “les officiers intermédiaires à prendre le contrôle des institutions en raison de l’inefficacité de (leurs) supérieurs qui n’ont rien fait pour résoudre ce problème d’Etat”. Outre ces griefs, il faut dire que l’annonce par le ministre de l’intérieur, M. Julian Pachecho, d’une augmentation de salaire pour les auxiliaires de bureau, mais pas pour les agents de terrain n’a pas arrangé les choses.

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M. Nasralla, qui a pris l’initiative de déclencher les manifestations de masse contre la fraude électorale, a salué l’action des policiers : “J’appelle l’armée à suivre l’exemple de la police“, a-t-il ajouté en précisant que M. Hernandez avait « payé certains militaires sans scrupules pour négliger leur devoir de maintien de la paix, de garantir l’application de la constitution et les principes d’un vote libre en assurant le transfert du pouvoir. » M. Hernandez a été accusé par ailleurs d’avoir reçu de l’argent des barons de la drogue pour financer sa campagne électorale.

M. Nasralla a déclaré qu’il était prêt pour le dialogue, en insistant sur le fait que les demandes du peuple pour la démocratie devaient être satisfaites : “Je veux mettre fin à la crise, mais je représente un peuple qui se trouve opprimé, qui veut que justice soit faite”, a-t-il dit. “Ce processus n’est pas terminé. Juan Orlando Hernandez n’est pas le président.”

Une manifestation de solidarité avec le peuple hondurien contre la “vraie fraude et le coup d’Etat” a été appelée hier devant l’ambassade du Honduras à Caracas, la capitale vénézuélienne.

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