Le docteur Steven Greer ou la désinformation dans tous ses états

Suite au récent battage médiatique occasionné par la découverte du documentaire « Sirius », de nombreux commentaires fustigent sur la toile, portant à bout de bras Le docteur Steven Greer qui est à l’initiative de ce film.

Sceptique et méfiant par nature, il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour confondre cet homme dont les objectifs et motivations ne font plus aucun doute à mes yeux tant ses interêts m’apparaissent flagrants. Mais pour convaincre certains d’entre vous qui sont plus réticents, il fallait l’avis d’une pointure en la matière, et la réponse du berger à la bergère ne s’est pas faite attendre, en l’occurence le professeur Jean-Pierre Petit, ancien directeur du CNRS, et dont la réputation ainsi que la renommée mondiale ne sont plus à faire… Le veilleur

Steven Greer, est un américain de 58 ans qui s’est fait connaître le 9 mai 2001 en présentant au National Press de Washington un projet-manifeste appelé Disclosure project, mot anglais qui signifie en français « projet révélation », ou « projet de mise à découvert ». Voici ce qu’on trouve, en exergue, sur la page du projet Disclosure :

« Le projet Disclosure est un projet de recherche dont le but est de mettre à découvert les faits au sujet des OVNIS, de l’intelligence extraterrestre, et de produire les temoignages d’une communauté d’individus qui ont connu une expérience directe se référant à des observations d’OVNIS, des rencontres avec les ET, un contact avec une technologie extraterrestre et qui peuvent témoigner, concernant la façon dont ces informations sont cachées au public. »
Dès ce début de l’année 2001 je venais de mettre le doigt sur la façon dont les Américains avaient exploité certaines facettes du phénomène OVNI, et peut être même des informations extraites de l’examen d’épaves, pour développer des technologies très avancées. Dans ce lot on trouvait des torpilles MHD hypervéloces (plus de 2000 km/h sous l’eau), ainsi qu’un engin hypersonique, capable d’évoluer à 10.000 km/h dans la très haute atmosphère, sur laquelle il rebondissait comme un galet, alternant phases propulsées et phases balistiques (et d’observation). Un appareil qui était en mesure de remplacer le célèbre SR-71 Blackbird, l’avion espion américain trisonique, qui survola toutes les régions du monde, y compris l’URSS, à 27 km d’altitude, sans jamais pouvoir être intercepté, vu qu’il volait plus vite que les missiles sol-air qu’on envoyait vers lui.

Depuis 1990 le Blackbird a éré remisé au musée de l’aéronautique de Seattle. Mis au point dans les années soixante-dix et expérimenté dans l’aire 51, au Nevada, ce fut un engin révolutionnaire, sans équivalent, qui volait à 3200 km/h. Effectuant des vols de longue durée, il se dilatait, comme le Concorde, mais beaucoup plus. Au point qu’il avait été nécessaire de concevoir toutes ses structures en autorisant cette dilatation. Après décollage, le SR-71 « s’échauffait », au sens figuré et au sens propre du terme. Pendant ce vol, ses structures se dilaient, conformémemnt au champ de température, non uniforme, que son système d’ondes de choc créait autour de lui. Il n’aurait pas été possible de préparer cet appareil pour sa mission en le mettant péalablement dans un four.

Ce vol préliminaire, à grande vitesse, ayant été effectué, l’appareil était prêt pour sa mission, mais il fallait au préalable le ravitailler en vol pour regarnir ses réservoirs. Aujour’hui le SR-71 a pris sa retraite. Mais par quoi a-t-il été remplacé ? Lui-même avait remplacé le célèbre U2, discret, mais subsonique, volant à 20.000 mètres d’altitude, que les Soviétiques avaient quand même réussi à descendre au dessus de leur territoire. Son pilote, Gary Pauwels, ayant été fait prisonnier à son arrivée au sol. Contrevenant aux ordres reçus, il ne déclencha pas l’ordre d’auto-descruction de l’appareil avant de sauter. Il n’utilisa pas non plus le poison qui faisait partie de son équipement, pour se suicider. Il dut se dire que s’il déclenchait la minuterie de destruction, la temporisation aurait très bien pu être … nulle.

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J’avais décidé à cette époque d’accorder du crédit à cette démarche de Greer. Je m’étais donc mis en contact avec lui et son groupe dès 2001. A cette époque je n’avais pas encore commencé la rédaction de mon ouvrage OVNI et armes secrètes américaine, qui devait paraître chez Albin Michel.

Ma réaction avait été de communiquer à Greer toutes les informations que j’avais pu glaner, concernant ces black programs américains, et que mes connaissances scientifiques permettaient de valider. Il ne s’agissait pas de rumeurs concernant des travaux touchant à l’antigravitation, mais de concepts solidement établis, concernant la magnétohydrodynamique, qui se trouvaient d’ailleurs en quelque sorte expliquer de mystérieuses observations (déplacement très rapide avec traînée en pointillé, rumeurs liées à l’aire 51) qui avaient au fil du temps suggéré que les Américains disposaient d’un engin espion hypersonique baptisé Aurora.

J’ai bataillé pendant plusieurs mois en tentant de convaincre Greer et son entourage de soumettre ces données à des spécialistes physiciens pour qu’ils puissent témoigner que celles-ci n’étaient pas de fumeuses élucubrations.

Ce fût en vain…

C’est là que j’ai compris que Greer et son équipe ne cherchait pas vraiment à mettre ces choses au grand jour, mais au contraire à désinformer. J’ouvre donc ici dans l’urgence ce dossier. En effet Greer s’est lancé dans une vaste opération de communication, à échelle internationale, en produisant un film appelé « Sirius », qui a été officiellement présenté à Los Angeles le 22 avril 2013. Mes lecteurs m’ont immédiatement fourni une copie piratée de ce document, en langue anglaise. L’édition d’un DvD est en active préparation et je me suis laissé dire que ce film serait alors sous-titré en de nombreuses langues. Mais celui-ci ne sera disponible qu’en juin 2013.

Je montrerai que ce film n’est qu’une grossière manoeuvre de désinformation, qui pourrait alors se retourner contre ses auteurs. La meilleure façon de répondre à celle-ci sera de composer un document vidéo qui s’intitulera : Dr Petit challenges Dr Greer (le professeur Petit met le docteur Greer au défi)

Il ne s’agira pas d’un DvD mis en vente, mais d’un document qui sera mis en ligne sur le net en étant gratuitement accessible, téléchargeable (alors que le DvD de Greer sera vendu 19,9 dollars, et en location pour 72 heures, au prix de 9 dollars). J’enregistrerai le document que je créerai en anglais et en français. Par la suite les internautes m’aideront à le sous-titrer dans d’autres langues. Il est en effet important de dénoncer ces manoeuvres, qui ont été à l’oeuvre dès les années cinquante. Au départ, on se contentait d’une dénégation, et d’une négation des phénomènes.

Au passage on est en train d’illustrer par de nombreuses images et séquences vidéo les trois premières heures des vidéos que j’avais enregistrées l’été 2012 avec mon ami Alix, dans mon jardin. Cette partie est sur le nucléaire. Ca sera la seul façon de faire cesser cette diffusion des vidéos enregistrée par Jean Robin, qu’il vend sous forme de trois coffrets, à son profit. A un lecteur qui lui demandait s’il payait son dû à l’association Savoir sans Frontière, à laquelle il doit plus de 2300 euros (selon sa propre lettre) il a répondu :

« Je reverse chaque mois 100 euros à cette association. Renseignez-vous »
A ce rythme là il lui faudra 23 mois pour apurer sa dette, au niveau de ce qu’elle était il y a six mois… Quand serons-nous enfin débarrassés de cet individu carrément malhonnête ? Pour les DvD, ça ne sera qu’une question de temps. Alors les internautes se diront :

« Pourquoi dépenserais-je 150 euros, en enrichissant un type malhonnête, alors que je pourrai bientôt disposer de vidéos illustrées, gratuitement ? »
Revenons à une autre espèce de faisan, le nommé Greer. Sa stratégie de désinformation, qui est aussi celle de nombreux individus et groupements, consiste à décrédibiliser des informations et conceptions, réflexions, parfaitement solides, par une couillonnade glissée au moment opportun. Le net abonde de bonshommes qui décrédibilisent des sujets important : David Icke avec ses reptiliens, le « professeur » Keshe et sa fondation à la flan, Claude Poher avec ses ridicule universons, les champions de l’énergie libre, des machines à rendement su-unitaires, les animateurs de « projets », comme le projet Camelot; le projet Avalon, etc, etc .

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Dans le cas de Greer, après avoir milité pour la thèse selon laquelle le phénomène ovni correspond à des visites d’extraterrestres, il explique que le gouvernement américain aurait puisé dans ce dossier ovni des informations essentielles qui lui auraient permis de dominer une technique permettant d’extraire l’énergie du vide (« zero point energy »). Une énergie qui pourrait carrément sauver l’humanité. Mais les forces de l’ombre conserveraient ce secret pour mieux assujettir les populations sous leur joug.

Il y a des années j’avais écouté une émission de radio où Greer s’exprimait ainsi :

« Je vous parle aujourd’hui grâce à une radio « coast to coast » ( c’est à dire couvrant l’intégralité du territoire des Etats-Unis, de la côte ouest à la côte est ). Je me hâte de vous communiquer cette information avant d’être réduit au silence (…). Voilà : je suis actuellement chez un homme qui a développé une technologie lui permettant d’extraire l’énergie du vide, grâce à un appareil que je tiens à la main et qui n’est pas plus gros qu’un rasoir électrique. Cet homme n’est pas un scientifique, mais il a acquis des connaissances par lui-même, en particulier sur le magnétisme. Grâce à cet appareil il alimente sa maison. Il se chauffe, s’éclaire, fait fonctionner tous ses appareils électroménagers. »
Le style est donné. Dans ce film « Sirius », Greer tient le même langage. Vous apprécierez. C’est à se poignarder le cul avec des saucisses. Mais, tel quel, ce document peut faire des ravages auprès de populations naïves, chez des gens crédules, éblouis par les images, saoulés par la musique, tout en confortant les scientifiques et les ingénieurs de l’inanité de ces propos, et par extension et amalgame, de l’inutilité de s’intéresser au phénomène ovni et à l’éventualité de visites d’extraterrestres et d’imaginer qu’il puisse y avoir des contacts avec ceux-ci. Quand le film commence, on voit les gens qui vont suivre une conférence de Greer pénétrer un à un dans une salle. Des assistants inspectent leur corps avec un détecteur de métaux, similaire à ce qu’on emploie au voisinage des portiques dans les aéroports. Et Greer nous explique que sa démarche est si osée qu’il doit protéger sa vie. Il a été, dit-il, menacé de mort.

Ridicule à souhait

On y voit Greer animant des veillées, en groupe. Sur le thème :

« Si vous vous mettez en méditation et qu’au fond de votre coeur vous souhaitiez ardemment que le phénomène se manifeste, alors votre voeu sera peut être exaucé. »
Et de montrer des vidéos prises lors de telle ou telle réunion nocturne, à la suite de telle séance de méditation collective. Il s’agit à chaque fois de lumières baladeuses. A ce sujet, vous devez savoir qu’il est maintenant parfaitement possible de croiser deux pinceaux de micro-ondes, de fréquences N1 et N2, tels que dans le volume où ces pinceaux se croisent la différence N1 – N22 engendre des « battements ». Si cette différence des fréquences est accordée avec la fréquence optimale pour ioniser ou exciter les molécules d’air, alors on pourra créer un volume lumineux, pouvant évoluer sous les yeux des témoins à grande vitesse, « prendre des virages à angle droit ». Et ceci alors que les opérateurs sont situés à des kilomètres ou dizaines de kilomètres du lieu d’observation et créent ce mirage en haute altitude.

En règle générale, les progrès technologiques font qu’on est maintenant capable de créer tout un éventail de mirages, de faux. Il est pratiquement impossible d’accorder une foi quelconque à des documents photographiques ou à des vidéos. Seule subsiste l’approche authentiquement scientifique, avec des résultats concrets, reproductibles, vis à vis de laquelle la désinformation n’a pas de prise.

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J’ai vu le film en langue anglaise. J’en ai envoyé une copie à un ami plus à même de comprendre le propos, afin d’éviter tout contre-sens. Par la suite je l’analyserai soigneusement, en éclairant les passages où on s’ingénie, assez maladroitement, à vous prendre pour des imbéciles. Dans le document que je créerai je mettrai Greer au défi d’intégrer dans ses propos les éléments scientifiques, solides ceux-là, que je lui fournirai. En 2001 j’avais rendu ces éléments accessibles en permettant à ses collaborateurs de les télécharger à partir de la racine de mon site internet, ce qu’ils avaient fait. Et je ferai en sorte qu’il en soit ainsi. Disons que je positionnerai dans mon site ces éléments, en langue anglaise, et sous la forme d’une vidéo sous-titrée, que non seulement Greer pourra télécharger, mais aussi n’importe quel internaute (et/ou) scientifique.

Greer_et_Thrive[1].gifSi vous cherchez des images de Greer, vous tomberez en premier lieu sur l’image ci-contre (lien). Le mouvement Thrive (en français développement, épanouissement) est un autre axe des opérations de désinformation made in USA. Mais, finalement, c’est bien que ces couillonnades existent, car cela permet assez aisément de montrer comment on tente de gruger les gens (voir « Ces couillonnades toroïdales, en version française », c’est traduit dans de nombreuses langues, et il y a un sacré paquet d’argent derrière tout cela).

Apprenez-le : l’univers « cultive des tores ». James Foster Gamble appartient à la famille Gamble, partie du trust Proctor et Gamble. multinationale fondée en 1837, qui est spécialisée dans la diffusion des produits de consommation (Par an : 77 milliards de dollars de chiffre d’affaire, 13 milliards de dollars de bénéfices).

James Foster Gamble, le fiston

Comme par hasard, Foster vante également les mérites de l’énergie du point zéro. Il est secondé par un scientifique, Nassim Haramein (un des piliers du mouvement Thrive). Je vais peut être vous faire sourire en vous disant qu’Haramein a tenté « de me recruter » en prenant contact avec moi il y a quelques années, sous l’angle science. Il n’est effectivement pas dépourvu de connaissances en mathématiques, et en particulier en géométrie différentielle. Plutôt que de continuer à ramer avec la foule de ceux qui tentaient d’y voir clair en cosmologie, après avoir publié un article ou deux dans Physical Review, Harramein préféra mettre son glaive au service de la désinformation, de manière certainement plus lucrative que ce pourrait lui offrir une université.

En refusant, j’ai sans doute loupé une juteuse opportunité. En effet la surface de Boy est beaucoup plus sophistiquée et riche que le tore à gorge nulle, objet devant lequel James Foster Gamble était tombé en arrêt. J’ai toujours pensé, en utilisant en plus les textes Ummo, que j’aurais pu fonder une secte à côté de laquelle la scientologie aurait fait figure de jardin d’enfants.

J’avais également sous le coude des théorèmes susceptibles d’avoir un impact fort comme :

Deux univers perpendiculaires à un même troisième sont parallèles entre eux

Une fourchette dont les dents sont infiniment serrées s’appelle une cuillère

Tout corps astral plongé dans un fluide astral, reçoit une poussée dirigée du bas vers le haut, égal au poids de la matière astrale déplacée.

Dans le film de Thrive vous retrouverez les mêmes thèmes, et très souvent les mêmes personnes, utilisées par Greer dans son film Sirius. Lui-même fait une brève apparition dans Thrive (voir vidéo plus bas).

Par Jean-Pierre Petit

Note

Jean-Pierre Petit, né le 5 avril 1937, est un scientifique français spécialiste en mécanique des fluides, physique des plasmas, magnétohydrodynamique et en physique théorique ; il a été directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique en activité en tant qu’astrophysicien à l’observatoire de Marseille (wikisite).

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