Le capitalisme ou le culte de la souffrance.

Si je vous disais, que ce système consumériste vorace, se répand et prend possession de tout, parce que nous vouons un culte à la souffrance ? Que nous voulons être exploité ?
Nous sommes profondément conditionnés à le vouloir et il est absolument impossible de changer quoi que ce soit, tant que nous ne nous serons pas libéré de ces conditionnements.

L’origine.

Il me faut vous conter l’anecdote de mon existence qui m’a amené à écrire cet article.

Je suis quelqu’un qui suis une étoile et elle a l’art de m’emmener en des endroits que je ne comprends pas toujours sur le moment, tellement ils vont à l’encontre absolu de qui je suis, mais je découvre toujours par la suite, la raison de tout ça et voilà donc, qu’un jour, cette étoile m’avait transformé, moi, le margino-ecolo, en touriste complexe qui griffe le ciel dans de gros avions sales et bruyants et  mes péripéties occidento-crétines, m’avait amené dans une forêt tropical à escalader un volcan au Nicaragua sur l’île d’Ometepe.

ometepe

Il y avait en plus, du défi lui-même, une récompense supplémentaire à la clef : Une lagune en son sommet où nous pourrions nous baigner et cette récompense rafraichissante prenait une dimension toute particulière dans mon cerveau en état de déshydratation perpétuelle. Il faut savoir qu’au Nicaragua, tout ce qui est synonyme de fraicheur se transforme aux yeux du néocortex falsificateur, en pur nectar d’ambroisie. Mais ce que j’ignorais, c’est que ces fripouilles de « Nica », avaient appelé un vulgaire étang : « lagune », pour certainement donner une motivation supplémentaire aux touristes pour une aventure au prix répulsif, puisque des guides très chères étaient obligatoires par mesure de mercantilisme sécurité.

L’escalade vers le sommet pris cinq heures et fût un des plus grand calvaire de mon existence, nous n’avions pas imaginé une telle difficulté. J’avais le cœur dans la gorge, les tempes striées de veines, je ne ressemblais à rien, une sorte de gros flan haletant et convulsif au bord des larmes et comble de l’humiliation, au milieu de l’expédition, quelque chose me dépassa en sautillant comme une gazelle de rocher en rocher. C’était un mâle de mon espèce, qui dépassa ma femelle au dessus de moi et allât se planter comme un éclair devant notre guide, qui, bien évidemment était vingt mètres plus haut, en train d’attendre le gros escargot humide que j’étais. La gazelle baragouina quelque chose en espagnole, s’essuya le front avec son t-shirt en révélant ses abdominaux prétentieux de muscle sec pour ajouter à mon humiliation, puis, s’évapora dans les hauteurs.  Pour ma part,  nous avions certainement affaire à un marathonien masochiste, qui s’entrainait dans les pires conditions.

Pour la bonne moitié du périple, nous devions  escalader des rochers  instables et humides enchevêtrés dans de grosses racines verdâtres et inquiétantes(pouvant être l’hôte probable d’un serpent assassin). D’autant plus que nous avions eux un petit briefing sympa, un jour auparavant dans un centre animalier à propos du serpent fer de lance ou Bothrops asper qui crapahutait dans le coin. En gros, il vous mord et vous vous gangrénez  joyeusement à une vitesse proportionnel à votre panique, c’est au minimum l’amputation assurée du lieu outragé. le plus ridicule, c’est qu’ en surveillant le fond de la foret anxieusement dans la pensée de ce serpent, on espère comme un âne qu’il nous mordra un endroit pas trop grave à perdre, comme un petit orteil ou le tentacule droit, sauf que comme de bien entendu, ce petit espiègle, se met en ressort et bondi pour vous mordre au niveau des hanches et à mon humble avis, l’amputation des hanches, ça doit être moyennement pratique. Ma moitié me fit remarquer qu’elle jetait toujours un coup d’œil avant de poser sa main quelque part  et je lui répondis que pour ma part, je jetais un coup d’œil à l’endroit ou je devais jeter un coup d’oeil d’abord,  par double mesure de précaution. Bref, c’était le désappointement et sachant tout cela, fort logiquement, (en fait, impossible de faire autrement à cause de l’humidité ) j’avais enlevé mon t-shirt, pour me le mettre sur la tête façon sauce berbère et offrir mon sublime torse nu à la nature qui n’avait évidemment cure de mon spectacle céleste et me considérait comme une source de protéine comme une autre. Entre deux piqures, je pensais  « il y a intérêt à ce que cette lagune en vaille la peine, je veux voir au minimum une licorne qui s’abreuve sous un arc en ciel  ! En réalité, je me conditionnais déjà sans m’en rendre compte et bien entendu, arrivé au sommet, je me suis forcé comme tout le monde à trouver le spectacle infiniment plus époustouflant qu’il ne l’était objectivement.

Là-haut, à la  : « lagune » donc. Tout le monde était heureux, émoustillés et ravis du spectacle.  Tous sans exception, moi compris, pataugions dans cette immense flaque de boue avec ravissement. Vous aviez là, le manège fort curieux d’une procession de têtes de touristes blanchâtres souriantes flottant bêtement sur une énorme flaque brunâtre sous les yeux incrédules et désabusés des guides locaux qui avaient depuis longtemps abandonné l’idée de comprendre nos comportements. Quelle était donc ce sibyllin sortilège qui s’emparait de ma raison pour me retrouver dans cette situation à glousser de cette façon ?

La lagune.
La lagune.

Un autre plaisir éminemment suspect, fut qu’après avoir dégringolé le volcan pendant quatre heures sur le séant, nous plongeâmes dans la nuit naissante, nos corps sans âmes de zombie décharné dans la piscine exsangue de l’hôtel où nos muscles au contact de l’eau se délectèrent dans une jouissance incomparable.

Toute cette aventure et cette notion de plaisir me turlupinait, parce qu’en prenant de la hauteur sur cette situation, il me semblait que mon cerveau n’était pas très honnête avec moi et qu’il y a plaisir et plaisir.

Après moult réflexions, cette simple anecdote, m’a amené à observer un système de névrose construit par notre éducation,  dont le capitalisme tire toute son énergie et qui détruit savamment nos existences, dont je vous rapporte mes pistes de pensées.

Mon aventure est une belle façon de définir comment fonctionne la vie de consommateur et son ressort fondamental.

Bien entendu, tout cela n’est qu’une ébauche de théorie, mais il n’en demeure pas moins, qu’elle doit forcément éclairer quelques chemins de compréhensions de la folie ambiante.

Voyez-vous, un indigène quelconque qui n’a pas subi notre éducation ne comprend pas le plaisir que nous tirons de ce genre d’expédition, il ne comprend pas non plus nos attitudes à nous mettre dans des situations contraignantes, ou même, à nous voir « courir » ou faire certains sports. Ils pensent que nous sommes fous et vous savez quoi ? Je pense qu’ils ont raison.

Le conditionnement mental.

Ivan-Pavlov
IVAN PAVLOV (1849 – 1936)

Si je me frappe la tête dans un mur, lorsque j’arrête, ça me fait du bien et je conclus que :  Me frapper la tête dans le mur m’apporte un plaisir délectable. Oui, c’est tordu comme raisonnement vous me direz et pourtant, c’est bel et bien le fond de notre fonctionnement.

Si je veux que vous désiriez des pommes par-dessus tout, il me suffit de vous torturer, de vous contraindre pendant un certain temps et lorsque j’arrête ma torture, je vous caresse un peu et vous donne une récompense : Une pomme et votre cerveau finira par se dire que ces pommes vous procurent bien du plaisir et qu’il vous en faut une infinité…Sauf que la pomme n’a absolument rien avoir avec votre plaisir, le plaisir est lié à l’arrêt de ma torture, mais votre cerveau finira tout de même par croire que la pomme est la source même de votre plaisir.

Maintenant, extrapolé ça dans tout ce que vous voulez, dans les notes scolaires par exemple. Qui ne sont rien d’autre qu’une accumulation de capital par la contrainte. Enfant, on est contraint,  torturé à se lever sans avoir atteint notre capital sommeil, on reste huit heures par jour enfermé dans une classe pendant que le soleil rigole dehors et pour obtenir quoi ? Des chiffres (les pommes de mon exemple donc). Chiffres qui, s’ils sont nombreux pourront nous permettre d’accéder au saint Graal : Un travail ou nous pourrons encore nous contraindre à nous lever contre nature et faire nos  huit heures pas jours enfermé pour encore gagner plein de chiffres !

Notre éducation est violente, il ne faut pas réduire ça au coup, mais les  humiliations, les frustrations, les cris, les menaces etc…tout ça est violence et est fournit exclusivement par ceux qui nous aiment. vient ensuite la société elle même, l’école etc…la violence, la frustration, l’humiliation est partout.

Voilà ce qu’apprend notre cerveau au travers de notre éducation, on nous domestique à l’amour de la souffrance et on perverti nos désirs. Oui, notre éducation fait de nous des sadomasochistes inconscients en puissance. Tout le système occidental est fondé sur une éducation perverse et toute la civilisation subit cette perversion.Ceux qui nous infligent des punitions, le font toujours par amour n’est-ce pas, pour notre bien, pour notre sécurité ou nous protéger.Nous sommes de vilains petits chenapans qu’il faut fesser de temps en temps et nous en redemandons.

la société sado masochiste, lorsqu’elle atteint un manque de « sens », une crise (de manque)  finit par s’auto-infliger une guerre, pour pouvoir ensuite, retrouver une sensation d’exister.

Jamais nous n’avons été aussi libres que sous l’occupation allemande » Jean-Paul Sartre, « La République du silence

Nous pensons que notre sado masochisme est « normal », on ne peut imaginer un univers « autre » que cet univers, puisque nous baignons dedans depuis notre enfance. Et nous en arrivons exactement comme la pathologie sado masochiste, à avoir « besoin » de contrainte, de souffrance pour nous sentir vivant, car, sans contrainte, il n’y a pas ce plaisir inhérent à l’arrêt de la cessation de souffrance, processus nécessaire à une bonne dose d’endorphine, (cet hormone semblable à de la morphine qui se sécrète pour atténuer la douleur) et de dopamine (hormone de la récompense, puisque l’arrivée d’endorphine est fêtée). C’est le processus qui rend accroc les sado masochistes et qui leur demande d’ailleurs de plus en plus de souffrances pour prendre du plaisir,  ce qui explique pourquoi, certains ont besoin de défis de plus en plus insurmontables.

Le sado masochiste au final, joue à s’approcher de l’orgasme ultime qu’est la mort et la société humaine se dirige peut-être vers son extinction mû par ce même principe de perversion.

Nous sommes domestiqués exactement comme des animaux, mais sommes infiniment plus complexes et sensibles que cela et ce principe de punition et récompense ne peut que conduire à des pathologies mentales évidentes.

Et là, ou tout prend des dimensions diaboliques, c’est que la contrainte elle même devient un besoin, car sans souffrance pour le sado masochiste point d’endorphine, donc quand les contraintes, les défis cessent, le manque survient et il faut impérativement d’autres souffrances pour la prochaine dose lorsqu’elle cesse.

La souffrance et la complexité d’ailleurs, deviennent une sorte de preuve de qualité et sont recherchés et nous l’appliquons à tous les aspects de nos existences.

Pensez-y.

-N’est-il pas vrai qu’au fond, pour nous, quelque chose obtenu sans contrainte, n’a pas grande valeur ?

-N’est il pas évident que plus la chose est difficile et contraignante à atteindre, plus elle peut paraitre désirable ?

Alors, dans l’absolu, qu’elle est la source fondamental de notre désir ? N’est ce pas la souffrance ? Le désir EST souffrance.

En effet, l’expérience véritable du désir est celle du manque, de l’humiliation et de la diminution d’être, face à un médiateur qui semble tout-puissant, quelle que soit la position objective occupée par le sujet.

René Girard.

Il y a dans l’existence humaine, les contraintes naturelles, dont nous n’avons pas besoin mais qu’il faut apprendre à maitriser et affronter, la contrainte par excellence étant la mort et il y a la contrainte  artificielle, une contrainte dont nous sommes persuadé par notre éducation perverse avoir besoin pour nous sentir exister.

Notre masochisme banalisé s’exprime le mieux dans des salles de cinéma à observer des humains s’entre tuer. On prend notre plaisir par procuration à défaut de ne pas avoir le loisir d’être en train de souffrir nous-mêmes. On aime voir les autres se faire punir et quand le méchant tombe de la plus haute tour en hurlant, le paroxysme est atteint, orgasme. Tout notre système occidentale est un système pervers qui consiste à punir et être punis, sanctionner, pénaliser, à souffrir et faire souffrir.

un gouvernement n’est jamais rien d’autre que de la violence organisée.

Je ne vous parle même pas de la foule obscène au désir ambigu qui s’amasse au pieds de l’immeuble ou le corps encore bouillant de chair d’un suicidaire est au bord de la spectaculaire défenestration et je ne vous parle pas de la tauromachie dont la perversion explose aux yeux.

est il  étonnant alors de retrouver le concept d’esclave et de maitre, de dominant et soumis comme une sorte de lutte centrale inhérente à notre monde ?

Capîtalisme : Entreprise de raffinage de la perversion humaine.

Consumérisme: Traumas mental trouvant son essence dans une névrose obsessionnel-compulsive à tendance sado masochiste, qui se crée par une éducation violente basée sur la punition, la sanction et la frustration.

Comprenez que le capitalisme a simplement raffiné et optimisé le système de domination de la religion catholique qui voue un culte à la souffrance.

Nous sommes dans une religion qui admire le sacrifie et la souffrance et nos « saints », sont les self-mades men à l’américaine, qui tirent  leur aura de ce qu’ils auront souffert pour parvenir à atteindre leurs buts, invariablement « le fric ». Les États-Unis se lèchent les babines face à ces êtres de souffrance, ne sont ils pas un modèle à suivre ? Allons travailleur, sacrifiez vous ! luttez et vous atteindrez le statut de saint ! Dixit Huxley, Le système veut que vous ayez l’amour de votre servitude, que vous vous sacrifiez pour lui. Regardez comme ce crucifié est magnifique, qui part son sacrifice atteindra les cieux ! Souffrir, c’est beau, souffrir, c’est bon !

Le self made made, le saint canonisé par la religion capitaliste.
Le self made made, le saint trader canonisé par la religion capitaliste.

Prenez le film  » The pursuit of happyness », L’affiche est assez révélatrice d’une volonté de la religion capitaliste pour nous faire passer un message. L’enfant qui embrasse presque la main du saint homme à la main céleste, cette homme est un saint, non c’est un Dieu ! Le scénario est assez écœurant et pourtant, ça marche ! Nous avons là un homme à la rue (grâce au capitalisme, mais ça c’est un détail) qui trouvera son salut à persévérer pour devenir un grand trader et donc trouver son salut dans le capitalisme. Oui,  devenir un parasite absolu est une consécration. L’enfant n’est pas anodin non  plus, il est nécessaire et fondamentale comme moteur pour motiver à l’intégration et le sacrifice au système, mais ceci sera le sujet d’un autre article.

On doit forcément se contraindre pour obtenir quelque chose, sinon, aux yeux de notre perversion, c’est sans valeur et on trouve normal de souffrir pour l’obtenir et le jour où on l’obtient on est satisfait sur l’instant, et très vite, une fois passé le shoot d’endorphine et de dopamine, on sent qu’il nous manque un « je ne sais quoi d’autre»  et nous voilà reparti pour d’autres quêtes encore plus complexes et autrement plus souffreteuses et nous ne réalisons pas que nous n’avons pas besoin de toutes ces choses, mais besoin de souffrir pour exister, nous sommes drogués, accrocs en perpétuelle état second, nous ne savons plus rien de notre état de sobriété. Un état naturel que certains atteignent et appellent « l’éveil » et qui n’est rien d’autre que notre état originel, d’enfant, lorsqu’on sort de la maladie du « devenir ».

Un Cimetierre sado-maso
L’Everest, cimetière à ciel ouvert. Le corps de Shailendra Kumar Upadhyaya, mort lors de l’ascension de l’Everest en 2011

On veut des défis, des épreuves insurmontables, quand c’est dur, quand ça fait mal ! on veut atteindre des sommets quitte à en crever. On se crucifie littéralement ! Le capitalisme se nourrit de ça, il a su utiliser et amplifier cette perversion de notre éducation, d’ailleurs plus nous sommes capables de sacrifices, plus nous sommes fière de nous n’est ce pas ? N’est-ce pas merveilleux pour des maitres d’avoir une légion d’esclaves de la sorte ? Des esclaves qui aiment souffrir !

Celui qui obtient quelque chose trop facilement est honnis ! On déteste d’ailleurs le paresseux, l’inutile, celui qui ne veut pas souffrir, on aime ceux qui travaillent, ceux qui travaillent beaucoup, ceux qui souffrent pour les chiffres.

Il est d’ailleurs, des cas pathologiques grave ou certains esclaves ayant gagnés au loto, ne trouvant plus de sens à leur vie, se suicident.

Peut-être qu’ils ne se sentaient exister que dans la contrainte du travail et sans contrainte, la vie perdaient toute sa saveur.

Pour étayer encore un peu plus le propos, prenons par exemple : La course cycliste mise en scène et promue par les dominants au travers des médias qu’ils possèdent. Ce sport est principalement regardé et apprécié par la classe ouvrière et laborieuse et ce n’est pas par hasard.

Pourquoi ? Parce que les ouvriers ont appris à aimer et admirer  « l’effort » et la « contrainte »  et qu’eux mêmes se définissent par ça, parce qu’ils n’ont rien d’autre que leur courage à avoir accepté une vie d’esclave. Toute leur éducation transmise d’esclave à esclave les a mené à agir de la sorte et à penser de la sorte. La religion capitaliste,  fait tout pour que l’esclave trouve dans son travail et son sacrifice, le sens même de son existence.

Je ne vous parlerai même pas du soldat, qui mériterait tout un article, ce grand martyr du capital, qui se mutile le corps et l’âme pour des médailles et des honneurs.

millan astray grand mutilé, fier de l'être et fan de la mort.
millan astray grand mutilé, fier de l’être et fan de la mort. Toute cette souffrance n’est-elle pas admirable ?

Le capitalisme utilise à la perfection ce sado masochisme pour sa propre fructification, car bien sûr, plus quelque chose est chère, plus il a de valeur à nos yeux. Autrement dit : « Plus ça fait mal, plus ce sera bon ! ».

Nos plaisirs sont profondément pervertis ! On se ment, on se leurre sans cesse. Pour exemple, si vous mettez un vin en rayon à un prix dérisoire, il ne se vendra pas et même, plus fort encore, on  le trouvera franchement mauvais, une piquette. En revanche, on prend exactement le même vin, on en augmente le prix et on y colle une belle étiquette au blason luxueux, pour que miraculeusement il en devienne un grand cru. Tout œnologue que vous êtes, ça fonctionne parfaitement. Si c’est plus chère, c’est forcément meilleur : la preuve.

Il n’y a rien de naturel à avoir besoin de souffrir et de s’infliger des contraintes, le besoin de contrainte est artificiel, (entendons nous bien, je parle du besoin lui même qui est artificiel) la nature cherchera toujours le chemin le moins contraignant, celui qui demande le moins d’énergie. C’est en cela que nous luttons contre elle, car son mécanisme s’oppose aux nôtres, elle cherche la simplicité, quand nous voulons la complexité.

Il faut se rappeler qu’enfant, avec un cerveau moins conditionné, n’avoir aucunes contraintes n’était pas du tout un problème. On pouvait passer nos journées à faire tout ce que bon nous semblait, absolument libre, jour après jour et nous étions les plus heureux du monde et quelle était la raison profonde de tout ça ? et bien nous n’étions pas encore suffisamment conditionné à ce besoin de « devenir »  qui n’est rien d’autre que la raison invoquée pour ce mécanisme de punition/récompense. Cette éducation tordue a pour but un « pseudo devenir », devenir un parfait rouage obéissant et compétitif et au fil de nos conditionnements, chaque étape souffrante et complexe terminée nous offre un répit qui s’apparente à du plaisir et nous imaginons alors, que « l’objet acquis »  est l’origine du plaisir lui-même et si nous n’en prenons pas conscience, la roue du devenir écrasera et entrainera toute notre vie dans un délire d’optimisation d’un pseudo nous même, devenir beau, riche, fort, grand, jeune, intelligent etc… Et tant que la roue tourne, nous ne pouvons « être ».

Pensons aussi au jeune couple amoureux qui est dans cet état de béatitude inconsciente, ils pourraient rester toute la journée ensemble pendant des jours, sans jamais souffrir d’un manque de contrainte. L’amour qu’ils ressentent dans leur être leur suffit et leur fait oublier leur maladie. Ils ne veulent plus devenir : ils « sont ». Le mécanisme punition récompense est en pause grâce à l’ocytocine,  hormone de l’amour qui remplace largement l’endorphine, mais quand l’ocytocine commencera à faire défaut, il faudra à nouveau de l’endorphine et la roue de la souffrance se remettra alors à tourner inexorablement. On ne peut sortir de cette sorte de roue de hamster, qu’en portant une attention sensible et ouverte sur la vie.

La liberté est le choix le plus difficile pour un cerveau conditionné au sadomasochisme, parce que cela implique de le libérer de ses délicieuses chaines, gare à vous d’ailleurs, si vous essayez d’en libérer un sans son consentement !

 

 

Nos désirs sont leurs ordres.

Des piste des solutions.

Le capitalisme est une réponse à la maladie de notre éducation et si la maladie est soignée, le capitalisme en sera forcément impacté.

D’un point de vue social et pratique, il me semble qu’il serait bon que nous établissions en nous-mêmes et autour de nous une vie simple et austère, avec le moins de lutte possible, une vie de gourmet et non de gourmand, qui nous permet de nous déployer au maximum en dehors de tous nos conditionnements, ce qui n’est pas une mince affaire, car la maladie est sérieuse et profonde.

La simplicité est le moyen de guérir son propre esprit et par échos, le monde lui-même.

Je ne parle pas d’une vie sans désir, c’est exactement l’inverse, car une vie aux désirs artificielles, est une vie vide et sans réel plaisir. je vous parle d’une vie où vous connaissez véritablement quelles sont vos désirs et vos plaisirs les plus subtils. Qu’est ce qui vous rend vraiment, vraiment et profondément heureux ?

Pour ma part, un courant d’air frais dans une maison ou une tasse de café qui fume dehors au petit matin, sont des petits bonheurs. Mais qui prends le temps de regarder ça quand son attention est sans cesse captive et aliénée aux désirs artificielles  ?

Réduire votre existence à l’essentielle diminuera forcément les coûts de votre existence et peut-être que vous pourriez travailler moins.

Le système a besoin que l’on désir tout ! Par exemple, la vie à la campagne et la facilité du travail à la ville pour bien entendu, avoir non seulement besoin d’une voiture, mais ne surtout plus pouvoir s’en passer. Si l’on fait en sorte que notre vie nous permette de vivre sans voiture, on la simplifie et on s’attaque directement au cœur de ce système d’exploitation qui a besoin que nos vies se complexifient pour exister.

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Évidemment, il y a des contraintes à la simplicité, mais il s’agira plus de contraintes naturelles et consciemment voulues que de contraintes artificiellement implantées auxquelles nous sommes aliénés.

Il faut garder à l’esprit que comme ce système aime et se nourrit de la souffrance, la lutte, les révolutions violentes et autres manifestations le nourrissent, il adore. Par contre, paresse, simplicité et inaction, voir gratuité, le tue, il déteste et il vous a appris à détester ça aussi avec lui.  Le capitalisme ne supporte pas l’inaction, le silence, il veut du bruit, que vous luttiez, que vous combattiez.

Il veut votre souffrance.

Nowe Réginald.

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