Salut à toi l’Homme nouveau

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SALUT HOMME NOUVEAU

 

Ton esquisse était depuis longtemps préparée, le dessein est maintenant indéniable.

Çà y est la boucle est presque bouclée, mon joyeux bambin, on va t’équiper de tablettes numériques dès la maternelle.

 

Pourquoi t’apprendre à lire, à écrire, à compter, des machines vont le faire pour toi, tu n’auras même pas à écrire, demain, tu formuleras dans ton vocabulaire restreint de sabir national une question, la machine décryptera et te répondra peut-être.

Ton parcours est enfin pratiquement programmé.

Tu pourras naître d’un ventre loué qu’on aura inséminé, avec la semence d’un homme que l’on aura trait. Avec un peu de chance, tu seras encore plus moderne, un bébé éprouvette. Demain on fera plus fort encore, en préparation l’utérus artificiel, plus besoin pour les femmes d’être enceinte pour enfanter.

Bien sur il se peut que l’on t’ait empêché de naître par convenance personnelle ou que tu finisses dans une poubelle parce que trop encombrant.

Tu ne seras même pas obligé de penser par toi même, les merdias et l’idiovisuel réfléchiront pour toi et t’indiqueront ce qu’il faut penser pour rester dans la droite ligne de l’homme moderne.

On aura ainsi préparé ton envol de citoyen du monde.

Tu seras libre et tolérant ,tu n’auras pratiquement, pas de famille, pas de patrie, pas de culture nationale dangereuse, pas de sexe défini, tu choisiras cela plus tard, au gré des circonstances.

 

Tu naîtras peut-être avec des gonades ? C’est bien possible, mais pas ennuyeux, ce sera pour la décoration comme les sapins de Noël auxquels on accroche des boules.

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Tu ne connaîtras rien de ton pays, de tes racines, mais tu seras ouvert à toutes les incultures

tu seras citoyen du monde capitaliste mon bonhomme

L’homme nouveau est en préparation, sans couleur, sans passé, sans famille, sans patrie. Citoyen du monde, taillable et corvéable à merci par ceux qui ont le pouvoir ou l’argent, ou les deux. On commence par l’Europe, laboratoire de dénationalisation et du grand remplacement.

Quant à moi, moi pauvre ringard, si tu m’interroges, je n’ai pas eu ta chance.

Je suis né d’un couple qui s’aimait, on disait un enfant de l’amour ou parfois du hasard, dans un pays que j’aime et respecte, amoureux de son histoire, de sa géographie, de sa culture, de sa langue, amoureux même de sa grammaire tarabiscotée, et pire, de son hymne national qui me fait lever et m’émeut.

C’est couillon n’est-ce pas ?

Je suis ce qu’on appelle un réactionnaire attardé

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